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Avis de Recherche : Ambroisie !

photo Ambroisie
 Inventaire préxistant
avant 1978
entre 1978 et 1990
après 1990
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La connaissance du patrimoine naturel du Poitou-Charentes est imparfaite. Les spécialistes s'alarment aujourd'hui du manque d'observations permettant de suivre l'évolution des populations de certaines espèces. L'avenir de la biodiversité dépend de la connaissance que nous en aurons, et nécessite aujourd'hui l'implication de chaque citoyen.

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Miniature de l'interface de saisie Ambroisie
Miniature de la copie d'écran de l'interface de saisie sur l'Ambroisie en Poitou-Charentes comportant une carte de la région avec les régions infestées et des commentaires illisibles sur l'ambroisie et comment la reconnaître

Quelle espèce recherche t’on ?

« L'ambroisie » (Ambrosia artemisiifolia L.) est une plante invasive qui progresse en Poitou-Charentes depuis quelques décennies. Cette plante pose des problèmes de santé importants comme des allergies très fortes. Elle utilise et aggrave la perte de biodiversité en colonisant toujours plus de surface, et envahit certaines cultures à un tel point que certaines parcelles deviennent inutilisables. Chacun de nous peut participer au suivi de sa progression : ces connaissances sont nécessaires pour combattre sa prolifération.

Ambroisie sans fleurs Ambroisie sans fleurs

Comment participer ?

Inscrivez vous, un profil vous permettra de gérer en ligne toutes vous observations et de les localiser sur des fonds satellites ou des images aériennes. Une fois validées par les spécialistes, vos observations ainsi que les photos saisies viendront enrichir les cartes de répartitions.

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Consultez l'interface multicritères de l’Ambroisie. Cette interface vous permet pour chaque commune et département de rendre compte de la prolifération de l'Ambroisie au cours du temps en sélectionnant une période chronologique.

Poitou-Charentes Nature a édité une plaquette d’information sur l’Ambroisie à feuilles d’Armoise Cette plaquette est téléchargeable sur le site de Poitou-Charentes nature (taille : 4,6 Mo, définition 150 dpi pour une impression de qualité).

Comment saisir ?

Etape 1 : l'inscription

Cliquez sur l'onglet "inscrivez vous" situé en haut à droite de la carte.

Afin de vous inscrire vous devez remplir un formulaire avec différents champs.
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  • la confirmation du mot de passe

Et enfin vous devez recopier le code affiché.
Si vous ne parvenez pas à le lire correctement vous avez la possibilité de l'actualiser avec l'icône située à côté des chiffres.

  • Vous avez la possibilité de cocher la case " Cochez cette case si vous voulez que votre nom apparaisse dans la liste des contributeurs". Sinon, le nombre d'observations apparaitra à côté de votre numéro d'enregistrement.
  • Validez votre inscription.
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Suite à la validation vous recevrez un courriel dans lequel un lien vous permettra de valider définitivement votre inscription. Cette étape est nécessaire pour vérifier la validité de votre adresse électronique.Si vous ne recevez pas ce courriel, vérifier dans votre liste de messages indésirables que le mail n'y soit pas.
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Etape 2 : sélectionner un emplacement sur la carte

  • se déplacer sur la carte grâce à l'icône "main" (l'icône se colore en jaune)
  • localiser le lieu de l'observation grâce à l'outil de zoom

Vous pouvez également choisir différents fonds de cartes pour mieux vous repérer tels que :

  • relief
  • plan
  • satellite
  • hybride

Vous pouvez également modifier votre profil en cliquant dans l'icône "outil".

Etape 3 : saisir l'observation avec :

  • cliquez sur la carte avec l'icône "crayon" (l'icône se colore en jaune)

Une bulle informative apparait.

  • cliquez sur "Saisir une observation pour la commune X"
  • remplissez les différents champs du formulaire et enregistrer.

Le champ "description" est très important et permet de spécifier le type de culture, l'environnement...N'hésitez pas à prendre des photos.

  • votre observation est envoyée à validation.
  • vous pouvez consultez les données (contributions des internautes) proposées à validation et celles déjà validées.
  • vos données seront visibles dans les observations en cours de validation. Vous recevrez un message lorsque vos données seront validées.

Si vous rencontrez des difficultés au cours de l'utilisation de l'interface, veuillez nous contacter :
Drissi Jalila :
05/49/49/71/18 Courriel : drissi@observatoire-environnement.org Romain David : 05/49/49/61/04
Courriel : david@observatoire-environnement.org
Julie Holthof  : 05/49/49/71/17
Courriel : holthof@observatoire-environnement.org
Observatoire Régional de l'environnement : 05/49/49/61/00
Courriel : contact@observatoire-environnement.org

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Consultez l'interface multicritères de l’Ambroisie. Cette interface vous permet pour chaque commune et département de rendre compte de la prolifération de l'Ambroisie au cours du temps en sélectionnant une période chronologique.

En application de la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez des droits d'opposition (art. 26 de la loi), d'accès (art. 34 à 38 de la loi), et de rectification (art. 36 de la loi) des données vous concernant. Ainsi, vous pouvez exiger que soient rectifiées, complétées, clarifiées, mises à jour ou effacées les informations vous concernant qui sont inexactes, incomplètes, équivoques, périmées ou dont la collecte ou l'utilisation, la communication ou la conservation est interdite.

Reconnaître l’Ambroisie

1/ COMMENT LA RECONNAITRE ?

Ambroisie à feuille d'armoise ( Laurent Mollé et Michel Caillon) Ambroisie à feuille d'armoise ( Laurent Mollé et Michel Caillon)
L'Ambroisie à feuille d'armoise est une plante annuelle appartenant à la famille des Composées (ou Astéracées) et dont le cycle de développement s'étale de la fin avril à début novembre.

La germination de ses semences nécessite une température de 20-25° (fin avril à début juin).

Les plantules (fig. 1) sont d'une teinte vert franc et ressemblent à celle des oeillets d'Inde avec deux premières feuilles opposées.

Par la suite les feuilles deviennent alternes, pennatiséquées à folioles incisées et dentées (fig. 2), vertes sur les deux faces ce qui permet de les distinguer de l'Armoise dont la face inférieure des feuilles est blanchâtre.

L'Ambroisie au stade de plantule (Laurent Mollé et Michel Caillon) L'Ambroisie au stade de plantule (Laurent Mollé et Michel Caillon)

Puis la racine devient plus ou moins pivotante tandis que sa tige se ramifie surtout à la base, devient velue et souvent rougeâtre, la plante prenant un aspect buissonnant (fig. 3) surtout si elle dispose d'espace. Elle atteint en juillet une hauteur de 30 cm (sur le bord des autoroutes ou sur terrain caillouteux) à 1,20 m dans les champs de maïs, de tournesol ou dans les vergers.

C'est à la fin du mois de Juillet que les inflorescences apparaissent. La plante est monoïque : les inflorescences mâles forment des épis très reconnaissables à leur forme dressée (fig. 4) de 10-15 cm de long et porteurs chacun d'une centaine de capitules recourbés vers le bas et constitués de 10-15 fleurs vert-jaunes, réduites à une corolle tubulaire d'où émergent cinq étamines.

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Inflorescences mâles ( Laurent Mollé et Michel Caillon)

Les fleurs femelles, beaucoup plus discrètes, sont situées sur les mêmes pieds que les fleurs mâles et sont groupées par 2 ou 3 à l'aisselle des feuilles supérieures. Chaque fleur sans calice ni corolle est pourvue d'un seul pistil prolongé par 2 longs stigmates filamenteux . C'est vers la fin du mois d'août et jusqu'au début octobre que la pollinisation intervient et que le pollen devient hautement allergisant. Puis les semences apparaissent à raison d'un akène par fleur femelle (fig. 5) et de 3000 akènes par pied.

La plante régresse à partir d'octobre, devient brunâtre, se dessèche et disparaît en hiver, abandonnant ses semences sur le sol où elles seront incorporées lors des prochains labours.

2/ Quels milieux colonise t’elle ?

L'Ambroisie est une plante opportuniste et rudérale dans les jardins des zones pavillonnaires de banlieue, souvent au voisinage de lieux de distribution de graines pour oiseaux. On la rencontre fréquemment sur les monticules de terre et de déblais issus de chantiers de construction en zone périurbaine et sur les chantiers linéaires autoroutiers, de voies ferrées ou d'aéroport qu'elle continue à fréquenter après leur mise en service. Elle peut envahir les ballastières des terrasses fluviatiles ainsi que les lits ou les berges des rivières en assec estival. Mais c'est surtout dans les champs de tournesol qu'on risque de la rencontrer du fait de l'absence d'herbicide suffisamment sélectif et efficace. Elle peut aussi envahir de nombreuses cultures de printemps : maïs, pois, soja, champs de légumes ainsi que les intercultures après la récolte du colza et des céréales d'hiver, et bien souvent des jachères mal entretenues ou à faible pouvoir couvrant.

Michel Caillon, Poitou-Charentes Nature

Si vous rencontrez l'ambroisie sur votre chemin vous pouvez vous inscrire sur cette interface, ou au moins nous informer par courrier postal ou par e-mail, voire par téléphone, de la commune et du lieu où vous l'avez observée :

Poitou- Charentes Nature Opération Ambroisie 14 rue Jean Moulin 86240 FONTAINE LE COMTE pc.nature@laposte.net Tél : 05 49 88 99 2

Crédits photographiques : Laurent Mollé et Michel Caillon.

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Confusion possible

Reconnaître l’Ambroisie

L'ambroisie, Ambrosia artemisiifolia est une plante annuelle, opportuniste de 20 cm à 2 mètres de haut qui pousse préférentiellement sur des sols nus ou peu encombrés. Ses feuilles sont très découpées (pennilobées, divisées presque jusqu'à la nervure), d'un vert franc ou clair identique des deux cotés de la plante. Sa tige ramifiée est poilue, couleur rouge aubergine et sillonnée en longueur. Ses fleurs sont petites jaune à vert pâle, en épis de quelques centimètres à plusieurs dizaine de centimètres au sommet des tiges (couleur jaune vert avant éclosion, puis jaune après éclosion).

Le tableau suivant présente différents critères différenciant l'Ambroisie de l'Armoise

Signes distinctifs entre l’Ambroisie et l’Armoise

Ambroisie Armoise
tige striée
couleur verte et aubergine
couverte de poils blancs
assez souple
striée
couleur verte et aubergine
pas de poils
raide
feuille Couleur : les deux faces sont vert clair
forme : profondément divisée jusqu’à la nervure
couleur face supérieure vert foncé et face inférieure blanchâtre
forme : divisée mais sans aller jusqu’à la nervure
fleur grappes de petites fleurs situées au sommet des tiges
couleur vert-jaune avant éclosion
jaune après éclosion
très pollinisante
Grappes de petites fleurs, à la base des feuilles de fin de tige,
couleur vert-gris avant éclosion
blanche après éclosion
faiblement pollinisante
photo Inflorescences mâles (Laurent Mollé et Michel Caillon) Inflorescences mâles (Laurent Mollé et Michel Caillon) JPG - 35.3 ko
Armoise commune fleurie ( Laurent Mollé et Michel Caillon)

Source : plaquette "Ambroisie attention allergie !" (2001) du Comité d'Hygiène Sociale de la Drôme (CHS).

Crédits photos  : Laurent Mollé et Michel Caillon

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Ambroisie et Biodiversité

L’ambroisie, plante invasive : cause ou conséquence de la réduction de la biodiversité ?

La dynamique d'expansion des plantes invasives exotiques est mondialement considérée comme une des causes principales de diminution de la biodiversité. Au plan européen, l'un des 10 défis majeurs énoncés pour enrayer la perte de biodiversité est de réduire leur impact dans les milieux naturels ou anthropisés.

Qu'en est il de l'ambroisie, plante invasive originaire d'Amérique du Nord introduite en Poitou-Charentes et dans divers points du territoire français dont la Région Rhône-Alpes au début du siècle dernier probablement à la faveur de l'importation de lots de semences contaminés ?

Quelques constatations.

La plante est restée discrète dans les campagnes françaises jusqu'en 1994, puis son caractère invasif s'est brusquement accéléré depuis la mise en place des aides aux grandes cultures et aux jachères dans le cadre européen de la Politique Agricole Commune. Son caractère invasif pratiquement inconnu dans son continent d'origine s'est tout d'abord manifesté dans les cultures de printemps notamment de maïs, de sorgho, de pois, et surtout de tournesol où elle occasionne des baisses de rendement pouvant justifier la renonciation à la récolte d'où d'importantes pertes économiques.

Ambroisie dans un champ de tournesol (Céline Bruzeau) Ambroisie dans un champ de tournesol (Céline Bruzeau)

Les semences contaminant le sol pendant de nombreuses années, l'invasive réapparait en juillet à la faveur de la rotation des cultures, dés la récolte des céréales d'hiver et du colza et pendant toute la période d'interculture qui précède les labours d'automne. Pour la même raison on la retrouve aussi dans les jachères. La plante est héliophile et ne se développe pas dans les milieux couverts d'une végétation dense telle que les champs de trèfles ou de luzerne ou en milieu forestier.

Plus récemment le front de colonisation s'est étendu aux terrains en friches rudérales ou en attente d'urbanisation, aux jardins des zones pavillonnaires, à des sols dénudés et à de nombreux habitats naturels tels que ceux des couloirs fluviaux des régions méditerranéennes ou des Régions Centre et Rhône-Alpes notamment les berges, bancs de sables, roselières, assecs estivaux ou bien à des sites industriels anciens, des carrières abandonnées, des bords enherbés des routes ou des talus de chemins de fer...

bord de route envahi d'ambroisies bord de route envahi d'ambroisies

Parallélement à cette expansion, sont apparues dans les populations des régions contaminées des manifestations allergiques dues au pollen de la plante:conjonctivite, rhinite, eczéma, asthme et urticaire, se répétant toujours à la même période : fin août-début septembre, au moment de l'optimum de la floraison.

Causes et conséquences sur la biodiversité

Quelles pourraient être les causes de la nuisibilité de l’ambroisie dans les peuplements végétaux cultivés ou naturels où elle occasionnerait une perte de biodiversité ?

L'ambroisie, les espèces cultivées et les adventices des cultures de printemps présentent un cycle végétatif synchrone ce qui les met en situation de concurrence nutritionnelle, mais l'ambroisie est beaucoup plus résistante à la sècheresse et ne connait pas le stress hydrique qui fragilise les autres espèces lesquelles connaissent alors une moindre résistance aux agents pathogènes plus particulièrement lors des canicules estivales. Par ailleurs l'ambroisie présente en Europe des propriétés allélopathiques à l'égard du peuplement végétal semé et des populations adventices en libérant dans le sol des composés chimiques inhibiteurs nécrosant les racines des autres espèces ce qui n'est pas le cas en Amérique du Nord où un équilibre adaptatif s'est établi avec les espèces compétitrices alors que celles de l'aire d'introduction n'ont pas développé de défense. Cela permettrait d'expliquer la présence simultanée et non compétitive dans certaines parcelles françaises de plusieurs invasives originaires d'Amérique : ambroisie, vergerette du Canada, phytolaque, Oenothera...

champ de sorgho envahi d'ambroisies champ de sorgho envahi d'ambroisies Pour les même raisons l'ambroisie constitue en Europe un facteur limitant dans l'établissement de milieux végétaux pionniers constitués d'espèces autochtones, en particulier dans les friches, au bord des rivières et sur les bas côtés des routes où elle s'installe sur des espaces enherbés en éliminant des espèces régionales

Mais d’après une autre hypothèse plausible, le « succès » de l’espèce exotique pourrait bien venir du déclin d’espèces autochtones dans des écosystèmes dégradés.

D'après cette hypothèse, l'invasion biologique ne serait pas directement le moteur d'un changement conduisant à l'effondrement de la biodiversité mais plutôt la conséquence indirecte d'une modification du milieu aboutissant à l'effacement d'espèces indigènes sous l'effet de nouvelles pratiques culturales : agriculture intensive avec usage de désherbants totaux ou de plus en plus sélectifs entrainant l'élimination d'adventices, simplification dans la rotation des cultures avec raréfaction des cultures fourragères. Dés lors, les communautés envahies sont stucturées par des changements environnementaux moins contraignants pour les espèces exotiques qui, en l'absence des parasites ou des herbivores de leur pays d'origine, finissent par occuper l'espace d'où les autochtones ont été exclues. Ainsi peut on expliquer la concomitance de l'accélération de l'invasion lors des années 2005 et la mise en place des aides aux grandes cultures

Divers malherbologues ont corrélé la mise au point et l'épandage de nouvelles molécules de désherbants avec l'apparition de nouvelles espèces jusque là inconnues des agriculteurs telles que l'abutilon ou le xanthium...L'ambroisie est de ce point de vue bien connue pour sa résistance au moins partielle à de nombreux désherbants qui détruisent les sommités mais non la base des pieds qui régénère de nouvelles pousses. Elle est aussi indifférente aux sols salés comme en témoigne leur prolifération sur le bord des autoroutes dont la chaussée a été salée par temps de neige alors que les autres espèces ont disparues.

Dans un monde affecté par des changements climatiques même peu perceptibles les plantes invasives peuvent aussi être avantagées sur un nouveau territoire ou s'y adapter plus facilement. En ce qui concerne l'ambroisie un réchauffement climatique de l'ordre de 1 degré pourrait avoir plusieurs conséquences sur son cycle de développement annuel :

  • une plus grande précocité des premières germinations avec un étalement dans le temps des germinations jusqu'au début du mois d'août,
  • des dates des premières pollinisation avancées de 3 ou 4 jours
  • une durée de pollinisation augmentée d'une semaine, mais la montée à fleurs serait toujours induite par la baisse de photopériode de juillet, le pic pollinique se situant régulièrement entre le 29 août et le 3 septembre.
  • Enfin le caractère tardif des premières gelées permettraient aux plantes les plus retardataires d'atteindre le stade de la grenaison avec comme conséquence une plus grande augmentation du stock semencier du sol. Parallèlement l'ambroisie pourrait s'installer dans des contrées plus nordiques ce qui est en train de se produire en Alsace et en Normandie.

Enfin, des recherches récentes ont montré que les populations américaines prèsentaient une variabilité génétique intrapopulationnelle faible mais forte entre les diverses populations géographiques.Cela est le contraire pour les populations françaises dont l'hétérogénéité résulterait d'un mélange de différentes populations souches américaines introduites à plusieurs reprises sur notre territoire. Une telle variabilité intrapopulationelle a facilité l'adaptation de l'espèce à la diversité des conditions environnementales locales que celles ci soient climatiques, édaphiques, floristisques ou anthropiques.

Quel avenir prévisible pour les populations d’Ambroisie ?

Dans un monde affecté par des changements climatiques ou de surexploitation des sols quelle stratégie adopter pour gérer une nouvelle complexité écologique héritée de la mondialisation des échanges commerciaux et des pratiques agricoles ?

L'éradication trop tardive est difficile, et peut être même dangereuse car à vouloir remettre en cause un nouvel équilibre on pourrait créer un déséquilibre nouveau plus difficile à stabiliser. Dés lors que le mal précède l'invasion, éradiquer un envahisseur peut laisser la place à d'autres éventuellement plus néfastes et plus difficiles à maîtriser.

Ou bien on préconise la lutte à outrance et l'éradication illusoire génératrice de nouveaux dysfonctionnements, ou bien on développe des stratégies de renforcement de défenses naturelles et de restauration au moins partielle de milieux, de peuplements et d'agro-écosystèmes paysagers par des pratiques de contrôle et de régulation telles qu'une rotation de cultures plus diversifiées, une utilisation plus rationnelle des engins de récolte pour éviter une dipersion géographique des semences de l'invasive, les désherbages mécaniques par binage, herse étrille et déchaumages, les fauchages avant sa floraison et sa grenaison, ou bien les faux semis qui purgent les sols de son stock semencier. C'est probablement à ce prix que l'ambroisie acceptera de redevenir plus discrète...

Michel CAILLON Poitou-Charentes Nature Juin 2008

Crédits photographiques : Laurent Mollé et Michel Caillon.

Ambroisie et Santé

L'allergie au pollen d'ambroisie qui est due à la présence d'un vingtaine de protéines allergéniques se manifeste par des symptômes de conjonctivite, de rhinite, de trachéite, d'asthme et parfois d'urticaire ou d'eczema. Elle peut donner lieu à des complications infectieuses. Le potentiel allergisant de l'ambroisie se situe à 5 sur une échelle de 0 à 5. Elle fait donc partie des espèces au pollen le plus allergisant. L'allergie survient à partir de la mi août et peut se prolonger jusqu'en octobre. Selon le Service d' Etudes Techniques des Routes et Autoroutes la fréquence de l'allergie à l'ambroisie varie de 6 à 12% de la population en fonction de l'intensité de la contamination en ambroisies sur le terrain.

Les données agricoles, aérobiologiques et météorologiques disponibles depuis plusieurs années permettent de dresser dans l'espace et dans le temps un tableau prévisionnel des risques d'allergie à l'ambroisie sur l'ensemble du territoire de la Région Poitou-Charentes.

Grains de pollen d'Ambroisie Grains de pollen d'Ambroisie

Pollen : Un pied d'Ambroisie peut émettre plus d'un milliard de grains de pollen (juillet-octobre).
Très petite taille (18 à 20 micromètres).
Dispersion par le vent de l'ordre de 100 km.

Semences d'Ambroisie Semences d'Ambroisie

Semence (2 - 4 mm)
Chaque pied d'Ambroisie peut produire jusqu'à 3000 semences par an à partir de la fin aout.
Durée de vie dans le sol : 40 ans
Non transportable par le vent.

Source : L'Ambroisie à feuilles d'Armoise invasive et dangereuse (Poitou-Charentes Nature).

Périodes de risque allergique

Grace aux capteurs polliniques d'Atmo Poitou-Charentes, on sait que les émissions polliniques ont débuté en 2007, ce, dés le mois de mai. C'est dans le secteur de La Rochelle, probablement à la faveur de conditions climatiques locales favorables (en bordure de mer) qu'il y a eut la survie hivernale de pieds d'ambroisie germés à l'automne 2006. Ensuite, la pollinisation s'est poursuivie en juillet, août et septembre sur tout le territoire.

Les allergologues de l'Association Française d'Etude des Ambroisies considèrent qu'il existe trois périodes successives de risques : - le risque infraclinique qui apparait dés qu'il y a enregistrement par les capteurs pendant deux semaines consécutives de grains de pollen d'ambroisie à un taux inférieur à 5 grains/m³/sem., - le risque allergique qui va de 5 à 99 grains/m³/sem., - et le risque allergique invalidant à partir de 100 grains/m³/sem.

En Poitou-Charentes, le risque infraclinique a été atteint en 2007 ; pendant les semaines 30 à 32 à Angoulême, les semaines 31 à 33 à Poitiers. Le risque allergique qui lui a succédé a duré 6 semaines (sem.33 à 38) à Angoulême, 4 semaines à Poitiers (sem.34 à 37). A La Rochelle, il n' y a eu que 3 semaines de risque allergique (sem.34 à 36). Les pics enregistrés ont été de 51 grains/m³ en semaine 35 à Angoulème, de 13 grains/m³ en semaine 37 à Poitiers et de 11 grains/m³ en semaine 34 à La Rochelle.

Le seuil du risque invalidant n'a donc pas encore été enregistré par les trois capteurs urbains d'Atmo Poitou-Charentes. Ce qui ne signifie pas qu'il n'ait pas été franchi, en particulier dans les zones agricoles les plus infestées du Sud Deux-Sèvres, du Nord Charente, ainsi qu'autour d'Angoulême.

Zones les plus exposées au risque d’allergie à l’ambroisie

C'est précisément dans de telles zones que la reprise des activités de plein air, après les congés d'été, qu'elles soient d'ordre professionnelle comme les travaux des champs, scolaire avec la rentrée des classes, ou de loisir avec l'ouverture de la chasse, entraîne une exposition quotidienne des habitants au pollen d'ambroisie à proximité immédiate des parcelles contaminées. Ceci explique l'apparition de quelques cas d'allergies graves, diagnostiqués depuis 2 ou 3 ans. Il est probable que beaucoup d'autres cas de pollinose soient passés inaperçus, en raison de la sous-information des praticiens généralistes en milieu rural. Dans les agglomérations importantes de la région Poitou-Charentes, l'ambroisie est peu fréquente et n'apparait qu'occasionnellement, à la faveur de lots de semences contaminées, destinées aux mangeoires d'oiseaux sauvages, ou bien, à des transports de terre également contaminée. Ces apparitions fugaces et isolées ne sont pas suffisantes pour alimenter les nuages aéroportés de pollen interceptés par les trois capteurs urbains de la région Poitou-Charentes, ni non plus pour engendrer des allergies d'aspect épidémique. Par contre les populations urbaines peuvent être soumises à des pluies de pollens aéroportés de provenance éloignée. Or, 5 grains de pollen peuvent suffire pour provoquer une allergie chez une personne déjà sensibilisée.

La mise en corrélation des comptes journaliers du pollen d'ambroisie, enregistrés pour chaque capteur, avec la direction des vents enregistrés dans la station Météo France la plus proche, montre qu'en août-septembre les vents dominants du Sud-Ouest peuvent entrainer sur Poitiers des pollens émis dans le Sud Deux-Sèvres ou que des vents très turbulents du Nord-Est de fréquence 6 à 7% et chargés en pollen d'ambroisie dans la Région Centre peuvent fort bien atteindre Poitiers et même La Rochelle.

Des roses des vents de la période août-septembre correspondant à la floraison de l'ambroisie ont été établies sur 20 ans et aimablement communiquées par Météo France pour les 5 stations automatiques régionales. Reportées sur la carte régionale des communes contaminées elles permettent de mieux comprendre les spécificités des comptes polliniques enregistrés sur Poitiers et La Rochelle.

La ville d'Angoulême est entourée de communes contaminées plus ou moins éloignées. Il en résulte que tous les vents, même les plus faibles, et quelle que soit leur direction, ont contribué en 2007 à un aéroportage régulier. Pendant plus de 9 semaines, le pollen d'ambroisie a été mesuré par le capteur installé en début d'année sur le toit de la DDASS (centre ville). Par contre, à 10 km de ce capteur, le capteur de l'AFEDA, installé lui à 3 m du sol (en 2006) à La Couronne, en zone viticole non contaminée, n'a enregistré que de faibles arrivées de pollen avec un pic de 8 grains en semaine 35 contre 21 la même semaine en 2006. A Cognac, situé sur la trajectoire de vents de Nord-Est de fréquence, 12% ayant circulé sur le Sud Deux-Sèvres donc très certainement porteurs de pollens d'ambroisie. Par extrapolation, il doit en être de même à Saintes. A Niort, les vents dominants à 13% du Nord-Est ne peuvent apporter que des pollens d'origine lointaine, comme à Poitiers et à La Rochelle. Les vents d'Ouest moins dominants et d'origine océanique sont peu porteurs, mais en raison de la proximité de la zone contaminée du Sud Deux-Sèvres, on ne peut pas exclure des arrivées polliniques par les rares vents faibles venant du Sud-Est (3%).

Risques induits par des grands chantiers linéaires

A la demande de Poitou-Charentes Nature, les études d'impact effectuées sous le contrôle de la Direction Régionale de Réseau Ferré de France, en prévision du projet de la Ligne à Grande Vitesse Sud Europe Atlantique, ont pris en compte les risques potentiels qui pourraient résulter des travaux de terrassement et du transport de terre contaminée par des semences d'ambroisie. Pour évaluer les populations susceptibles d'être exposées aux risques d'allergie plusieurs éléments ont été pris en compte :

  • l'aire d'influence d'un pied d'ambroisie qui pousserait au niveau de la LGV a été estimée à la surface d'un cercle de 30 km autour du pied,
  • la densité des populations dans les zones rurales et urbaines permet de connaître la population totale incluse dans l'aire d'influence potentielle : 144 000 habitants en secteur urbain et 103 600 en secteur rural. Compte tenu du fait que la fréquence de l'allergie à l'ambroisie varie entre 6% et 12 % suivant l'intensité de la contamination et en prenant seulement l'hypothèse basse (laquelle a été retenue par les experts de RFF à partir de relevés périmés selon lesquels l'ambroisie n'aurait pas été recensée dans les départements concernés), on peut estimer que la population sensible localisée dans l'aire d'influence de pieds d'ambroisie situés sur le trajet de la LGV serait de l'ordre de 6200 habitants en zone rurale et de 8700 en zone urbaine. Or cette estimation a été faite dans l'ignorance des recensements effectueés par l'Associaion Française de Protection des Végétaux et l'INRA en 2004 et 2005, ainsi que par Poitou-Charentes Nature depuis 2006 et qui ont révélé l'existence d'au moins une centaine de communes contaminées en Poitou-Charentes dont 4 sont placées sur le trajet de la future LGV : Thuré et Scorbé-Clairvaux à l'Ouest de Chatellerault, Fontaine le Comte au Sud-Ouest de Poitiers, Villefagnan à l'Ouest de Ruffec et La Couronne au Sud-Ouest d'Angoulème. Comme les vents dominants sont du Sud-Ouest les populations les plus exposées seraient situées à l'Est du projet, et plus précisément celles des importantes agglomérations de Chatellerault, Poitiers, Ruffec et Angoulème... Il conviendrait donc de revoir l'estimation à la hausse. Les principales mesures de lutte préventive prévues par RFF contre la propagation de l'ambroisie doivent porter sur :
  • la détection de l'espèce et son élimination préalablement au démarrage des travaux,
  • le nettoyage des engins dans les secteurs contaminés,
  • la couverture des stocks provisoires de terre et des remblais,
  • la végétalisation rapide des sols dénudés.

Vers un modèle prédictif de calendrier pollinique de l’ambroisie pour le Poitou-Charentes

Avec le recul de plusieurs années des comptes polliniques effectués à partir de l'ensemble des capteurs d'Atmo Poitou-Charentes et de celui de l'AFEDA, ainsi que des recueils des données météo des 5 stations automatiques de Météo France, grace aussi aux connaissances acquises sur l'évolution de l'invasion géographique de l'ambroisie sur le terrain, il est devenu possible d'établir un modèle prédictif du calendrier pollinique de cette espèce et d'en tirer des conséquences prévisionnelles au plan sanitaire quant aux modalités de traitement des populations à l'instar de l'expérience acquise dans la Région Rhône-Alpes où la sitation est devenue très préoccupante depuis plus d'une dizaine d'années. Voici les principales caractéristiques du modèle prédictif proposé :

  • 1er seuil d'alerte : semaine 30 (fin juillet) à 31 ; début de risque infra-clinique dés que le taux de grains de pollen est supérieur à 0/m³ la semaine qui suit l'apparition du ou des premiers grains, ce qui correspond au début de la floraison sur l'ensemble de la Région. La durée du risque infraclinique est de l'ordre de 3 semaines. Le traitement peut commencer dés le début de cette période pour les personnes les plus sensibles,
  • 2ème seuil d'alerte : semaine 33 à 34 (mi août) ; début de risque allergique dés que le taux atteint ou dépasse 5 grains/m³/sem. Cette période qui se poursuit jusqu'à la deuxième quinzaine de septembre inclut en Poitou-Charente le pic de pollinisation et le maximum de la courbe de floraison. La durée du risque allergique est de l'ordre de 5 semaines : 3 autour de La Rochelle, 4 autour de Poitiers et 6 autour d'Angoulème. La durée du traitement pour beaucoup de malades doit se poursuivre pendant cette période.

Comptes polliniques 2007. Angoulême Comptes polliniques 2007. Angoulême

Le 3ème seuil d'alerte, celui de risque allergique invalidant, n'a pas encore été atteint en Poitou-Charentes probablement en raison des conditions météorologiques défavorables qui ont règné sur la région depuis deux ans. Les abondantes et fréquentes pluies estivales ont en effet interrompu ou ralenti les émissions polliniques. Mais si la propagation de l'invasion de l'ambroisie devait se poursuivre au même rythme que ces dernières années ou si de nouvelles périodes de canicule hautement favorables à l'ambroisie devaient survenir à nouveau en période de floraison, on pourrait s'attendre à une augmentation significative de la prévalence au fil du temps non seulement en milieu rural mais aussi dans les agglomérations urbaines et tout particulièrement à Angoulême ou même à Poitiers où on s'est déjà rapproché du seuil du risque allergique invalidant (100 grains/m³) lors de l'été 2004 avec un taux de 75 grains.

C'est la raison pour laquelle il y a urgence à mettre en place un dispositif régional de lutte contre l'ambroisie où seraient pris en compte et coordonnés :

  • la sensibilisation et l'information des populations notamment dans les secteurs d'activités concernés : agriculture, santé, environnement, travaux publics et équipement,
  • les moyens de prévention et de traitement permettant d'enrayer l'invasion de l'ambroisie et de limiter les effets de sa pollinisation sur la santé publique et de son développement non seulement dans les cultures et plus particulièrement celles de tournesol, maïs, colza, blé d'hiver et sorgho, mais aussi dans certains habitats naturels où elle occasionne déja une réduction de la biodiversité végétale.

La situation est d'ailleurs devenue suffisamment inquiétante pour que la DRASS prenne les choses au sérieux et soutienne le projet de campagne d'information que Poitou-Charentes Nature a déposé auprès du Groupement Régional de Santé Publique et qui vient d'être accepté.

Il est en effet grand temps d'agir avant qu'il soit trop tard...

Michel CAILLON - PCN Octobre 2007

Consultez l'interface multicritères de l’Ambroisie. Cette interface vous permet pour chaque commune et département de rendre compte de la prolifération de l'Ambroisie au cours du temps en sélectionnant une période chronologique.

En savoir plus

Poitou-Chartentes Nature a mis en place un réseau de suivi standardisé de la dynamique de l'Ambroisie en Poitou-Charentes.

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