Biodiversité en Poitou-Charentes
Réseau Partenarial des Acteurs du Patrimoine Naturel de Poitou-Charentes
« L'ambroisie » (Ambrosia artemisiifolia L.) est une plante invasive qui progresse en Poitou-Charentes depuis quelques décennies. Cette plante pose des problèmes de santé importants comme des allergies très fortes. Elle utilise et aggrave la perte de biodiversité en colonisant toujours plus de surface, et envahit certaines cultures à un tel point que certaines parcelles deviennent inutilisables. Chacun de nous peut participer au suivi de sa progression : ces connaissances sont nécessaires pour combattre sa prolifération.
Ambroisie sans fleurs
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Poitou-Charentes Nature a édité une plaquette d’information sur l’Ambroisie à feuilles d’Armoise Cette plaquette est téléchargeable sur le site de Poitou-Charentes nature (taille : 4,6 Mo, définition 150 dpi pour une impression de qualité).
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Ambroisie à feuille d'armoise ( Laurent Mollé et Michel Caillon)
L'Ambroisie à feuille d'armoise est une plante annuelle appartenant à la famille des Composées (ou Astéracées) et dont le cycle de développement s'étale de la fin avril à début novembre.
La germination de ses semences nécessite une température de 20-25° (fin avril à début juin).
Les plantules (fig. 1) sont d'une teinte vert franc et ressemblent à celle des oeillets d'Inde avec deux premières feuilles opposées.
Par la suite les feuilles deviennent alternes, pennatiséquées à folioles incisées et dentées (fig. 2), vertes sur les deux faces ce qui permet de les distinguer de l'Armoise dont la face inférieure des feuilles est blanchâtre.
L'Ambroisie au stade de plantule (Laurent Mollé et Michel Caillon)
Puis la racine devient plus ou moins pivotante tandis que sa tige se ramifie surtout à la base, devient velue et souvent rougeâtre, la plante prenant un aspect buissonnant (fig. 3) surtout si elle dispose d'espace. Elle atteint en juillet une hauteur de 30 cm (sur le bord des autoroutes ou sur terrain caillouteux) à 1,20 m dans les champs de maïs, de tournesol ou dans les vergers.
C'est à la fin du mois de Juillet que les inflorescences apparaissent. La plante est monoïque : les inflorescences mâles forment des épis très reconnaissables à leur forme dressée (fig. 4) de 10-15 cm de long et porteurs chacun d'une centaine de capitules recourbés vers le bas et constitués de 10-15 fleurs vert-jaunes, réduites à une corolle tubulaire d'où émergent cinq étamines.
Les fleurs femelles, beaucoup plus discrètes, sont situées sur les mêmes pieds que les fleurs mâles et sont groupées par 2 ou 3 à l'aisselle des feuilles supérieures. Chaque fleur sans calice ni corolle est pourvue d'un seul pistil prolongé par 2 longs stigmates filamenteux . C'est vers la fin du mois d'août et jusqu'au début octobre que la pollinisation intervient et que le pollen devient hautement allergisant. Puis les semences apparaissent à raison d'un akène par fleur femelle (fig. 5) et de 3000 akènes par pied.
La plante régresse à partir d'octobre, devient brunâtre, se dessèche et disparaît en hiver, abandonnant ses semences sur le sol où elles seront incorporées lors des prochains labours.
L'Ambroisie est une plante opportuniste et rudérale dans les jardins des zones pavillonnaires de banlieue, souvent au voisinage de lieux de distribution de graines pour oiseaux. On la rencontre fréquemment sur les monticules de terre et de déblais issus de chantiers de construction en zone périurbaine et sur les chantiers linéaires autoroutiers, de voies ferrées ou d'aéroport qu'elle continue à fréquenter après leur mise en service. Elle peut envahir les ballastières des terrasses fluviatiles ainsi que les lits ou les berges des rivières en assec estival. Mais c'est surtout dans les champs de tournesol qu'on risque de la rencontrer du fait de l'absence d'herbicide suffisamment sélectif et efficace. Elle peut aussi envahir de nombreuses cultures de printemps : maïs, pois, soja, champs de légumes ainsi que les intercultures après la récolte du colza et des céréales d'hiver, et bien souvent des jachères mal entretenues ou à faible pouvoir couvrant.
Michel Caillon, Poitou-Charentes Nature
Poitou- Charentes Nature Opération Ambroisie 14 rue Jean Moulin 86240 FONTAINE LE COMTE pc.nature@laposte.net Tél : 05 49 88 99 2
Crédits photographiques : Laurent Mollé et Michel Caillon.
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L'ambroisie, Ambrosia artemisiifolia est une plante annuelle, opportuniste de 20 cm à 2 mètres de haut qui pousse préférentiellement sur des sols nus ou peu encombrés. Ses feuilles sont très découpées (pennilobées, divisées presque jusqu'à la nervure), d'un vert franc ou clair identique des deux cotés de la plante. Sa tige ramifiée est poilue, couleur rouge aubergine et sillonnée en longueur. Ses fleurs sont petites jaune à vert pâle, en épis de quelques centimètres à plusieurs dizaine de centimètres au sommet des tiges (couleur jaune vert avant éclosion, puis jaune après éclosion).
Le tableau suivant présente différents critères différenciant l'Ambroisie de l'Armoise
Source : plaquette "Ambroisie attention allergie !" (2001) du Comité d'Hygiène Sociale de la Drôme (CHS).
Crédits photos : Laurent Mollé et Michel Caillon
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La dynamique d'expansion des plantes invasives exotiques est mondialement considérée comme une des causes principales de diminution de la biodiversité. Au plan européen, l'un des 10 défis majeurs énoncés pour enrayer la perte de biodiversité est de réduire leur impact dans les milieux naturels ou anthropisés.
Qu'en est il de l'ambroisie, plante invasive originaire d'Amérique du Nord introduite en Poitou-Charentes et dans divers points du territoire français dont la Région Rhône-Alpes au début du siècle dernier probablement à la faveur de l'importation de lots de semences contaminés ?
La plante est restée discrète dans les campagnes françaises jusqu'en 1994, puis son caractère invasif s'est brusquement accéléré depuis la mise en place des aides aux grandes cultures et aux jachères dans le cadre européen de la Politique Agricole Commune. Son caractère invasif pratiquement inconnu dans son continent d'origine s'est tout d'abord manifesté dans les cultures de printemps notamment de maïs, de sorgho, de pois, et surtout de tournesol où elle occasionne des baisses de rendement pouvant justifier la renonciation à la récolte d'où d'importantes pertes économiques.
Ambroisie dans un champ de tournesol (Céline Bruzeau)
Les semences contaminant le sol pendant de nombreuses années, l'invasive réapparait en juillet à la faveur de la rotation des cultures, dés la récolte des céréales d'hiver et du colza et pendant toute la période d'interculture qui précède les labours d'automne. Pour la même raison on la retrouve aussi dans les jachères. La plante est héliophile et ne se développe pas dans les milieux couverts d'une végétation dense telle que les champs de trèfles ou de luzerne ou en milieu forestier.
Plus récemment le front de colonisation s'est étendu aux terrains en friches rudérales ou en attente d'urbanisation, aux jardins des zones pavillonnaires, à des sols dénudés et à de nombreux habitats naturels tels que ceux des couloirs fluviaux des régions méditerranéennes ou des Régions Centre et Rhône-Alpes notamment les berges, bancs de sables, roselières, assecs estivaux ou bien à des sites industriels anciens, des carrières abandonnées, des bords enherbés des routes ou des talus de chemins de fer...
bord de route envahi d'ambroisies
Parallélement à cette expansion, sont apparues dans les populations des régions contaminées des manifestations allergiques dues au pollen de la plante:conjonctivite, rhinite, eczéma, asthme et urticaire, se répétant toujours à la même période : fin août-début septembre, au moment de l'optimum de la floraison.
L'ambroisie, les espèces cultivées et les adventices des cultures de printemps présentent un cycle végétatif synchrone ce qui les met en situation de concurrence nutritionnelle, mais l'ambroisie est beaucoup plus résistante à la sècheresse et ne connait pas le stress hydrique qui fragilise les autres espèces lesquelles connaissent alors une moindre résistance aux agents pathogènes plus particulièrement lors des canicules estivales. Par ailleurs l'ambroisie présente en Europe des propriétés allélopathiques à l'égard du peuplement végétal semé et des populations adventices en libérant dans le sol des composés chimiques inhibiteurs nécrosant les racines des autres espèces ce qui n'est pas le cas en Amérique du Nord où un équilibre adaptatif s'est établi avec les espèces compétitrices alors que celles de l'aire d'introduction n'ont pas développé de défense. Cela permettrait d'expliquer la présence simultanée et non compétitive dans certaines parcelles françaises de plusieurs invasives originaires d'Amérique : ambroisie, vergerette du Canada, phytolaque, Oenothera...
champ de sorgho envahi d'ambroisies
Pour les même raisons l'ambroisie constitue en Europe un facteur limitant dans l'établissement de milieux végétaux pionniers constitués d'espèces autochtones, en particulier dans les friches, au bord des rivières et sur les bas côtés des routes où elle s'installe sur des espaces enherbés en éliminant des espèces régionales
D'après cette hypothèse, l'invasion biologique ne serait pas directement le moteur d'un changement conduisant à l'effondrement de la biodiversité mais plutôt la conséquence indirecte d'une modification du milieu aboutissant à l'effacement d'espèces indigènes sous l'effet de nouvelles pratiques culturales : agriculture intensive avec usage de désherbants totaux ou de plus en plus sélectifs entrainant l'élimination d'adventices, simplification dans la rotation des cultures avec raréfaction des cultures fourragères. Dés lors, les communautés envahies sont stucturées par des changements environnementaux moins contraignants pour les espèces exotiques qui, en l'absence des parasites ou des herbivores de leur pays d'origine, finissent par occuper l'espace d'où les autochtones ont été exclues. Ainsi peut on expliquer la concomitance de l'accélération de l'invasion lors des années 2005 et la mise en place des aides aux grandes cultures
Divers malherbologues ont corrélé la mise au point et l'épandage de nouvelles molécules de désherbants avec l'apparition de nouvelles espèces jusque là inconnues des agriculteurs telles que l'abutilon ou le xanthium...L'ambroisie est de ce point de vue bien connue pour sa résistance au moins partielle à de nombreux désherbants qui détruisent les sommités mais non la base des pieds qui régénère de nouvelles pousses. Elle est aussi indifférente aux sols salés comme en témoigne leur prolifération sur le bord des autoroutes dont la chaussée a été salée par temps de neige alors que les autres espèces ont disparues.
Dans un monde affecté par des changements climatiques même peu perceptibles les plantes invasives peuvent aussi être avantagées sur un nouveau territoire ou s'y adapter plus facilement. En ce qui concerne l'ambroisie un réchauffement climatique de l'ordre de 1 degré pourrait avoir plusieurs conséquences sur son cycle de développement annuel :
Enfin, des recherches récentes ont montré que les populations américaines prèsentaient une variabilité génétique intrapopulationnelle faible mais forte entre les diverses populations géographiques.Cela est le contraire pour les populations françaises dont l'hétérogénéité résulterait d'un mélange de différentes populations souches américaines introduites à plusieurs reprises sur notre territoire. Une telle variabilité intrapopulationelle a facilité l'adaptation de l'espèce à la diversité des conditions environnementales locales que celles ci soient climatiques, édaphiques, floristisques ou anthropiques.
Dans un monde affecté par des changements climatiques ou de surexploitation des sols quelle stratégie adopter pour gérer une nouvelle complexité écologique héritée de la mondialisation des échanges commerciaux et des pratiques agricoles ?
L'éradication trop tardive est difficile, et peut être même dangereuse car à vouloir remettre en cause un nouvel équilibre on pourrait créer un déséquilibre nouveau plus difficile à stabiliser. Dés lors que le mal précède l'invasion, éradiquer un envahisseur peut laisser la place à d'autres éventuellement plus néfastes et plus difficiles à maîtriser.
Ou bien on préconise la lutte à outrance et l'éradication illusoire génératrice de nouveaux dysfonctionnements, ou bien on développe des stratégies de renforcement de défenses naturelles et de restauration au moins partielle de milieux, de peuplements et d'agro-écosystèmes paysagers par des pratiques de contrôle et de régulation telles qu'une rotation de cultures plus diversifiées, une utilisation plus rationnelle des engins de récolte pour éviter une dipersion géographique des semences de l'invasive, les désherbages mécaniques par binage, herse étrille et déchaumages, les fauchages avant sa floraison et sa grenaison, ou bien les faux semis qui purgent les sols de son stock semencier. C'est probablement à ce prix que l'ambroisie acceptera de redevenir plus discrète...
Crédits photographiques : Laurent Mollé et Michel Caillon.
Les données agricoles, aérobiologiques et météorologiques disponibles depuis plusieurs années permettent de dresser dans l'espace et dans le temps un tableau prévisionnel des risques d'allergie à l'ambroisie sur l'ensemble du territoire de la Région Poitou-Charentes.
Grains de pollen d'Ambroisie
Pollen : Un pied d'Ambroisie peut émettre plus d'un milliard de grains de pollen (juillet-octobre).
Très petite taille (18 à 20 micromètres).
Dispersion par le vent de l'ordre de 100 km.
Semences d'Ambroisie
Semence (2 - 4 mm)
Chaque pied d'Ambroisie peut produire jusqu'à 3000 semences par an à partir de la fin aout.
Durée de vie dans le sol : 40 ans
Non transportable par le vent.
Grace aux capteurs polliniques d'Atmo Poitou-Charentes, on sait que les émissions polliniques ont débuté en 2007, ce, dés le mois de mai. C'est dans le secteur de La Rochelle, probablement à la faveur de conditions climatiques locales favorables (en bordure de mer) qu'il y a eut la survie hivernale de pieds d'ambroisie germés à l'automne 2006. Ensuite, la pollinisation s'est poursuivie en juillet, août et septembre sur tout le territoire.
Les allergologues de l'Association Française d'Etude des Ambroisies considèrent qu'il existe trois périodes successives de risques : - le risque infraclinique qui apparait dés qu'il y a enregistrement par les capteurs pendant deux semaines consécutives de grains de pollen d'ambroisie à un taux inférieur à 5 grains/m³/sem., - le risque allergique qui va de 5 à 99 grains/m³/sem., - et le risque allergique invalidant à partir de 100 grains/m³/sem.
En Poitou-Charentes, le risque infraclinique a été atteint en 2007 ; pendant les semaines 30 à 32 à Angoulême, les semaines 31 à 33 à Poitiers. Le risque allergique qui lui a succédé a duré 6 semaines (sem.33 à 38) à Angoulême, 4 semaines à Poitiers (sem.34 à 37). A La Rochelle, il n' y a eu que 3 semaines de risque allergique (sem.34 à 36). Les pics enregistrés ont été de 51 grains/m³ en semaine 35 à Angoulème, de 13 grains/m³ en semaine 37 à Poitiers et de 11 grains/m³ en semaine 34 à La Rochelle.
Le seuil du risque invalidant n'a donc pas encore été enregistré par les trois capteurs urbains d'Atmo Poitou-Charentes. Ce qui ne signifie pas qu'il n'ait pas été franchi, en particulier dans les zones agricoles les plus infestées du Sud Deux-Sèvres, du Nord Charente, ainsi qu'autour d'Angoulême.
C'est précisément dans de telles zones que la reprise des activités de plein air, après les congés d'été, qu'elles soient d'ordre professionnelle comme les travaux des champs, scolaire avec la rentrée des classes, ou de loisir avec l'ouverture de la chasse, entraîne une exposition quotidienne des habitants au pollen d'ambroisie à proximité immédiate des parcelles contaminées. Ceci explique l'apparition de quelques cas d'allergies graves, diagnostiqués depuis 2 ou 3 ans. Il est probable que beaucoup d'autres cas de pollinose soient passés inaperçus, en raison de la sous-information des praticiens généralistes en milieu rural. Dans les agglomérations importantes de la région Poitou-Charentes, l'ambroisie est peu fréquente et n'apparait qu'occasionnellement, à la faveur de lots de semences contaminées, destinées aux mangeoires d'oiseaux sauvages, ou bien, à des transports de terre également contaminée. Ces apparitions fugaces et isolées ne sont pas suffisantes pour alimenter les nuages aéroportés de pollen interceptés par les trois capteurs urbains de la région Poitou-Charentes, ni non plus pour engendrer des allergies d'aspect épidémique. Par contre les populations urbaines peuvent être soumises à des pluies de pollens aéroportés de provenance éloignée. Or, 5 grains de pollen peuvent suffire pour provoquer une allergie chez une personne déjà sensibilisée.
La mise en corrélation des comptes journaliers du pollen d'ambroisie, enregistrés pour chaque capteur, avec la direction des vents enregistrés dans la station Météo France la plus proche, montre qu'en août-septembre les vents dominants du Sud-Ouest peuvent entrainer sur Poitiers des pollens émis dans le Sud Deux-Sèvres ou que des vents très turbulents du Nord-Est de fréquence 6 à 7% et chargés en pollen d'ambroisie dans la Région Centre peuvent fort bien atteindre Poitiers et même La Rochelle.
Des roses des vents de la période août-septembre correspondant à la floraison de l'ambroisie ont été établies sur 20 ans et aimablement communiquées par Météo France pour les 5 stations automatiques régionales. Reportées sur la carte régionale des communes contaminées elles permettent de mieux comprendre les spécificités des comptes polliniques enregistrés sur Poitiers et La Rochelle.
La ville d'Angoulême est entourée de communes contaminées plus ou moins éloignées. Il en résulte que tous les vents, même les plus faibles, et quelle que soit leur direction, ont contribué en 2007 à un aéroportage régulier. Pendant plus de 9 semaines, le pollen d'ambroisie a été mesuré par le capteur installé en début d'année sur le toit de la DDASS (centre ville). Par contre, à 10 km de ce capteur, le capteur de l'AFEDA, installé lui à 3 m du sol (en 2006) à La Couronne, en zone viticole non contaminée, n'a enregistré que de faibles arrivées de pollen avec un pic de 8 grains en semaine 35 contre 21 la même semaine en 2006. A Cognac, situé sur la trajectoire de vents de Nord-Est de fréquence, 12% ayant circulé sur le Sud Deux-Sèvres donc très certainement porteurs de pollens d'ambroisie. Par extrapolation, il doit en être de même à Saintes. A Niort, les vents dominants à 13% du Nord-Est ne peuvent apporter que des pollens d'origine lointaine, comme à Poitiers et à La Rochelle. Les vents d'Ouest moins dominants et d'origine océanique sont peu porteurs, mais en raison de la proximité de la zone contaminée du Sud Deux-Sèvres, on ne peut pas exclure des arrivées polliniques par les rares vents faibles venant du Sud-Est (3%).
A la demande de Poitou-Charentes Nature, les études d'impact effectuées sous le contrôle de la Direction Régionale de Réseau Ferré de France, en prévision du projet de la Ligne à Grande Vitesse Sud Europe Atlantique, ont pris en compte les risques potentiels qui pourraient résulter des travaux de terrassement et du transport de terre contaminée par des semences d'ambroisie. Pour évaluer les populations susceptibles d'être exposées aux risques d'allergie plusieurs éléments ont été pris en compte :
Avec le recul de plusieurs années des comptes polliniques effectués à partir de l'ensemble des capteurs d'Atmo Poitou-Charentes et de celui de l'AFEDA, ainsi que des recueils des données météo des 5 stations automatiques de Météo France, grace aussi aux connaissances acquises sur l'évolution de l'invasion géographique de l'ambroisie sur le terrain, il est devenu possible d'établir un modèle prédictif du calendrier pollinique de cette espèce et d'en tirer des conséquences prévisionnelles au plan sanitaire quant aux modalités de traitement des populations à l'instar de l'expérience acquise dans la Région Rhône-Alpes où la sitation est devenue très préoccupante depuis plus d'une dizaine d'années. Voici les principales caractéristiques du modèle prédictif proposé :
Comptes polliniques 2007. Angoulême
Le 3ème seuil d'alerte, celui de risque allergique invalidant, n'a pas encore été atteint en Poitou-Charentes probablement en raison des conditions météorologiques défavorables qui ont règné sur la région depuis deux ans. Les abondantes et fréquentes pluies estivales ont en effet interrompu ou ralenti les émissions polliniques. Mais si la propagation de l'invasion de l'ambroisie devait se poursuivre au même rythme que ces dernières années ou si de nouvelles périodes de canicule hautement favorables à l'ambroisie devaient survenir à nouveau en période de floraison, on pourrait s'attendre à une augmentation significative de la prévalence au fil du temps non seulement en milieu rural mais aussi dans les agglomérations urbaines et tout particulièrement à Angoulême ou même à Poitiers où on s'est déjà rapproché du seuil du risque allergique invalidant (100 grains/m³) lors de l'été 2004 avec un taux de 75 grains.
C'est la raison pour laquelle il y a urgence à mettre en place un dispositif régional de lutte contre l'ambroisie où seraient pris en compte et coordonnés :
La situation est d'ailleurs devenue suffisamment inquiétante pour que la DRASS prenne les choses au sérieux et soutienne le projet de campagne d'information que Poitou-Charentes Nature a déposé auprès du Groupement Régional de Santé Publique et qui vient d'être accepté.
Il est en effet grand temps d'agir avant qu'il soit trop tard...
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Poitou-Chartentes Nature a mis en place un réseau de suivi standardisé de la dynamique de l'Ambroisie en Poitou-Charentes.
Poitou-Charente-Nature
14 rue Jean Moulin
86240 FONTAINE-LE-COMTE
Tel : 05.49.88.99.23
Fax : 05.49.88.98.78